Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

mercredi, 06 novembre 2013

MUNICIPALES 2014 : Pour les candidats......

 Municipales 2014 : « Pour les candidats, l’impasse ou l’euphémisation du fait intercommunal n’est plus possible »

par Xavier Brivet

Abaissement du scrutin de liste dans les communes pour les municipales de 2014, fléchage des conseillers communautaires, élections départementales de 2015 et redécoupage des cantons…, Bernard Dolez, directeur du Master 2 "Administration du politique" à Paris-1 Panthéon-Sorbonne, analyse l’impact des nouvelles règles électorales sur les scrutins locaux, les collectivités et leurs groupements. Selon lui, la réforme du 17 mai 2013 entraînera principalement une politisation du scrutin municipal et du fonctionnement des E.P.C.I. Entretien

C.M. : Vous estimez que la réforme des scrutins locaux du 17 mai 2013 va transformer le jeu politique à l’occasion des municipales de mars prochain. Pour quelles raisons ?

 

Bernard Dolez. L’abaissement de 3 500 à 1 000 habitants du seuil d’application du scrutin de liste lors des municipales de mars 2014 va effectivement changer les règles du jeu, à moyen ou long terme.

Il va entraîner une politisation du scrutin dans environ 6 600 communes comprises dans cette tranche de 1 000-3 500 habitants, dont les partis politiques se désintéressaient jusqu'à présent en raison du scrutin plurinominal.

Le scrutin de liste pourrait désormais conduire leurs fédérations départementales à délivrer des investitures dans les communes de 1 000 habitants et plus. Les listes bloquées, sans panachages, entraîneront une rigidité accrue du scrutin, en imposant aux candidats de se positionner, implicitement ou explicitement, sur l’échiquier politique.

J’attire aussi votre attention sur un point : 30 000 à 35 000 grands électeurs sénatoriaux (sur un corps électoral de 150 000 grands électeurs) sont précisément issus de ces communes de 1.000 à 3.500 habitants où le mode de scrutin municipal a été modifié. Le corps électoral du Sénat se politisera davantage et sera d’autant plus sensible aux mouvements d’opinion qui se manifestent à l’occasion des élections municipales.

CM. Dans les communes de 1 000 habitants et plus, les listes bloquées, sans panachages, entraîneront une rigidité accrue du scrutin, en imposant aux candidats de se positionner, implicitement ou explicitement, sur l’échiquier politique. »

C.M. Quelles seront les conséquences de l’élection par fléchage des conseillers communautaires ?

B. Dolez. Les parlementaires ont voté une réforme qui entérine le principe d’une élection des élus communautaires au suffrage universel… en corsetant les modalités d’organisation du scrutin afin que rien ne change. C’est une solution censée favoriser le statu quo.

Cependant, la réforme favorisera l’émergence du thème de l’intercommunalité dans la campagne. Le principe « 1 bulletin, 2 listes » rappellera clairement aux électeurs qu'ils voteront pour une équipe municipale ET une équipe intercommunale.

Pour les candidats, l’impasse ou l'euphémisation du fait intercommunal ne sera plus possible. Ils devront donc forcément se positionner sur les grands enjeux communautaires, quitte à sur-jouer leurs divergences.

 C.MLa « politisation » des scrutins intercommunaux est-elle à craindre ?

B. Dolez. C’est surtout la politisation des intercommunalités qui est en marche. On ne pourra pas défendre des visions opposées des politiques communautaires pendant la campagne électorale et administrer ensemble l’E P C I au lendemain du scrutin, comme si de rien n’était.

Le temps où tous les maires des communes membres, quel que soit leur couleur politique, se partageaient la présidence et les vice-présidences est probablement révolu. L’élection des conseillers communautaires au suffrage universel direct devrait entraîner progressivement la fin des exécutifs bipartisans.

CM/Villeneuveunion info

 

Les commentaires sont fermés.