Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

mardi, 11 février 2014

La montagnette en appel

À la Montagnette, tout le monde est 'content'

Conflit
Les feux tricolores seront-ils bientôt supprimés ? Pour la justice, c'est possible. (Archive)

La justice estime que le projet de 2x2 voies
peut se poursuivre... Et les opposants y croient encore.
Les engins de chantiers vont-ils bientôt envahir le quartier de la Montagnette, entre Béziers et Villeneuve-lès-Béziers, pour remplacer les feux tricolores par une 2x2 voies, projet qui traîne dans les cartons du conseil général depuis plusieurs années ? La justice, saisie en janvier par des opposants très remontés, a en tout cas, estimé que le Département n'a commis aucune faute, sur la forme, dans ce dossier.
« Les deux référés nous sont favorables », s'est-on réjoui hier du côté de l'institution héraultaise, sans toutefois confirmer le début des travaux, initialement programmés fin janvier. « Une réunion doit se tenir dans les prochains jours autour du sous-préfet et des élus concernés. En fin de semaine, une décision sera communiquée ».
Rendez-vous en 'cassation'

La victoire modeste ? Pas forcément. C'est juste que dans le camp 'adverse', qui réunit mairie de Villeneuve et ADAEV, l'association des commerçants de la Montagnette, on ne baisse pas encore les bras. Et la lutte s'annonce sur tous les terrains, évidemment sur la RD 612 si des camions pointent le bout de leur pelleteuse mais aussi sous les ors des palais de justice. Déjà hier, l'entourage du maire Jean-Paul Galonnier annonçait que la cour de cassation serait saisie dans les quinze jours, délai légal à la suite d'une décision du juge des référés, pour s'opposer, encore et toujours, à ce mur de séparation qui obligera les usagers à faire un détour de 2 km pour se rendre sur la zone d'activités. « Le magistrat a reconnu le caractère d'urgence et c'est déjà une satisfaction. Il n'a pas en revanche retenu les deux principaux arguments qui pourraient faire pencher la balance en notre faveur en cassation : l'absence de scénario de substitution dans l'enquête publique et les irrégularités dans les convocations des conseillers généraux », résume le directeur de cabinet du premier magistrat.
Les commerçants, eux aussi, voient toujours leur verre à moitié plein à ce stade du dossier. « Certes, il n'y a pas de vice de forme selon cette première décision, mais le projet n'a pas encore été jugé sur le fond... Et là, cela sera certainement différent », clame Georges Marty, le vice-président de l'association qui possède une station de lavage de voitures sur la zone. « Or, ajoute-t-il, le tribunal administratif ne se prononcera pas avant plusieurs mois. Peut-on sérieusement envisager que le conseil général lancera un chantier à 2,5 M€ si c'est pour tout détruire ensuite parce que la justice l'aura estimé illégal ? »
Les opposants entendent profiter de ce délai pour montrer que l'argument qui fait de la RD 612 l'une des zones les plus accidentogènes du département, ne tient pas. Ou pour rappeler que « la zone génère 150 emplois directs et 40 M€ de chiffres d'affaires chaque année. Selon un expert-comptable, l'accès rendu difficile engendrerait une baisse de l'activité de l'ordre de 40 % ».
Les commerçants n'en démordent pas, comptant profiter des prochaines échéances électorales pour rouvrir les négociations. « On ne veut pas aller au bras de fer, sauf si on nous y oblige ». D'où, peut-être, la prudence soudaine du conseil général.
LUDOVIC TRABUCHET

ltrabuchet@midilibre.com


Les commentaires sont fermés.