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mardi, 15 avril 2014

Agglo : rien n'est joué dans la course à la présidence

Si une primaire a désigné Frédéric Lacas comme adversaire de Robert Ménard, ça s'agite encore en coulisses.
Certains hommes politiques pourraient facilement devenir des champions de billard, en leur qualité de spécialistes de coups à trois bandes. L'élection du président de la communauté d'Agglomération Béziers Méditerranée, programmée jeudi à 18 h à Zinga Zanga, en est la parfaite illustration.
C'est en coulisses que tout se joue. On aurait pu penser que l'affaire était pourtant réglée, avec 43 conseillers communautaires sur 65 (c'est-à-dire tous, sauf Robert Ménard et ses colistiers) qui ont participé à une 'primaire' vendredi dernier, afin de désigner celui qui irait affronter le maire de Béziers quelques jours plus tard. Dans le secret de l'isoloir, ceux-ci ont préféré le maire de Sérignan à celui de Corneilhan, certes pour une petite voix seulement (20 pour Lacas, 19 pour Suère). Avant le scrutin, les deux impétrants avaient juré leurs grands dieux qu'ils respecteraient la démocratie. Amen !
Mais le verdict des urnes n'a visiblement pas été apprécié de tous. Depuis vendredi soir, certains se démènent en effet pour trouver un nouveau candidat à présenter jeudi prochain. Au prétexte que le maire de Sérignan ne serait pas l'homme du consensus. « Certains disent de moi que je veux tout pour Sérignan, que j'opposerais les villages du Nord à ceux du Sud. Je crois pourtant avoir fait la preuve de mon sens de l'intérêt général, d'une vision globale d'aménagement du territoire. Encore une fois, si je présente ma candidature, ce n'est pas contre Béziers ou contre Robert Ménard. C'est juste que le positionnement politique de celui-ci apparaît comme un frein et qu'il faut apporter une caution », souffle Frédéric Lacas, interrogé sur les rumeurs et autres intox de campagne.
De réunion en conclave

« Tout cela, c'est le bal des ego pour ne pas dire autre chose. Certains maires voient juste dans ce contexte l'occasion de prendre le pouvoir. Directement ou indirectement », tempête un autre conseiller communautaire, celui-ci sous le sceau du 'off' de vigueur.
Car dans les coulisses, on s'active, échafaude tous les scénarios, calculant et recalculant chacune des hypothèses. De réunion en conclave, de nouveaux noms sortent du chapeau. Certains ont par exemple suggéré de pousser Alain Biola, le maire de Bassan, pour sa sagesse ou Gérard Abella, son homologue de Boujan-sur-Libron, pour sa virginité politique. D'autres auraient convaincu l'édile de Lieuran, Robert Gély, de revenir dans le jeu, puisque son nom avait déjà été suggéré au lendemain des municipales. Selon nos informations, c'était l'option qui tenait le plus la corde ce lundi, y compris pour l'ancien président Raymond Couderc qui garde un œil avisé sur toutes ces tractations. Robert Gély pourrait ainsi présenter sa candidature à la dernière minute jeudi soir, comptant sur le mode de scrutin particulier... Mais celui-ci n'a pu confirmer l'information, restant sourd à nos appels hier soir.
De toute façon, dans cette affaire très politico-politicienne, loin des aspirations des électeurs, la vérité du jour est visiblement rarement celle du lendemain. Ce soir, les élus qui ont participé aux primaires auraient encore rendez-vous à 20 h pour une nouvelle réunion. Pas Robert Ménard et ses colistiers.
LUDOVIC TRABUCHET

ltrabuchet@midilibre.com

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