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vendredi, 18 avril 2014

Agglomération : victoire par Ko

Agglo : une victoire par KO
dès le 1er round pour Frédéric Lacas

Le maire de Sérignan a battu celui de Béziers avec cinq voix d'avance. Il a tout juste obtenu la majorité absolue.
Il avait remporté la primaire des 'élus des villages' une semaine plus tôt avec une toute petite voix d'avance. Il a tout juste obtenu la majorité absolue, hier, avec 33 suffrages sur 65 votants. Mais cela suffit à faire de Frédéric Lacas, maire de Sérignan depuis 2008, réélu avec 75 % des voix le 23 mars, le nouveau président du conseil d'agglomération Béziers Méditerranée. Robert Ménard a donc échoué dans son pari de prendre l'Agglo dix-huit jours après la mairie de Béziers, donc de s'octroyer les pleins pouvoirs en Biterrois.
Le match a été serré. Fort de son contingent de 22 voix dans ce scrutin ouvert aux seuls conseillers communautaires des treize communes du territoire, Robert Ménard avait pourtant une longueur d'avance sur son adversaire. Jadis, son prédécesseur n'avait d'ailleurs eu aucun souci à s'offrir la présidence. Mais ce soutien du Front national qui a permis au journaliste de s'imposer aux municipales a fait lever comme un front républicain au sein des élus des villages. Fomenté, aussi, par les battus de Béziers autorisés à siéger en intercommunalité.
Tous ne sont pas partis en rangs serrés, certains ayant rejoint le premier magistrat biterrois si l'on en croit les 28 voix qu'il a reçues au total. Il se murmurait hier, à l'issue du scrutin, que ces six autres bulletins provenaient de Boujan-sur-Libron (en fait l'opposant Philippe Rougeot), Lieuran-lès-Béziers ou Servian. Mais le vote s'étant joué à bulletins secrets, le choix des maires et adjoints restera évidemment dans l'isoloir.
À la surprise générale, l'édile lieuranais, Robert Gély, n'avait d'ailleurs pas fait acte de candidature en ouverture de séance, ce qui s'était pourtant dessiné dans les négociations et stratégies des derniers jours de campagne. Seul son homologue de Villeneuve-lès-Béziers, Jean-Paul Galonnier, s'ajoutait au casting, mais pour ne jouer qu'un rôle de figurant dans ce complexe scénario. Son trop long discours ponctué de chahuts de la salle ne lui permettra pas de convaincre au-delà de ses adjoints : il n'obtiendra que trois voix.
Rassemblement

Sans Gély - qui espérait peut-être un deuxième tour pour rentrer dans le jeu -, sans Galonnier vite hors de course, l'élection se jouait donc entre Lacas et Ménard. Les deux avaient appelé, dans un court propos de présentation, au rassemblement, promettant de travailler dans l'intérêt du territoire. Le maire de Béziers s'était offusqué de ces alliages politiciens qui, à ses yeux, « excluent la ville-centre », celui de Sérignan avait 'vendu' son premier mandat à la tête d'une ville de 6 700 habitants « au-delà des partis politiques ». Ce ne sont évidemment pas ces quelques mots qui ont fait la différence, les jeux s'étaient noués dans les coulisses du pouvoir, avant même que les votants ne glissent leur bulletin dans l'urne. Mais le résultat très serré, 33 voix pour Lacas, 28 pour Ménard, 3 pour Galonnier (et 1 nul), révélait que les négociations ont été ardues jusqu'à la dernière minute, quitte à céder quelques concessions à certains pairs, par exemple le projet de piscine de Sauvian.
Reste maintenant à apprendre à travailler ensemble. Tous ensemble.
Textes : LUDOVIC TRABUCHET



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