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samedi, 26 avril 2014

Béziers veut quitter l'agglomération

Robert Ménard claque la porte de la collectivité.
Il a pris tout le monde de cours et assure que ce n'est pas un coup de bluff. Lors d'un point presse solennel, Robert Ménard a annoncé hier sa volonté de « tout mettre en œuvre pour faire sortir la ville de la communauté d'Agglomération qui agit contre l'intérêt des Biterrois ». Ni plus, ni moins.
Une décision prise après une semaine mouvementée pour le patron de la Ville. Il a d'abord vu une alliance le priver de la présidence de l'Agglomération à l'avantage de Frédéric Lacas, maire de Sérignan. C'est ensuite le processus de négociation qui a fini de « dégoûter » Robert Ménard. À la tête de la ville phare du territoire, il exigeait la première vice-présidence et les délégations aux Finances, à l'Eau et aux Ordures. Des vœux balayés par le président Lacas qui lui aurait offert la deuxième vice-présidence et le Logement. Bien trop insuffisant pour Robert Ménard : « Mais pour qui se prennent-ils ? Ils vont porter la responsabilité de ce qu'ils ont fait et mesurer ce qui leur en coûte, pas de nous isoler, mais de s'isoler de Béziers. C'est Béziers qui représente la part majeure de la richesse de l'Agglo. »« Ils ne veulent pas de nous, qu'ils nous laissent partir »Robert Ménard

C'est donc une réponse à l'arme lourde qu'offre Robert Ménard en quittant la communauté d'Agglomération : « Ce sera l'occasion pour Lacas et ses amis d'aller au bout de leur logique. Ils ne veulent plus de nous, qu'ils nous laissent partir. On verra bien qui aura besoin de qui. »
Et n'allez pas demander au maire de Béziers si la réaction n'est pas démesurée : « Ce qui vient de se passer je le vis comme une agression envers ma ville. C'est inacceptable. » Avant d'aller plus loin : « Dans l'attente de notre sortie de l'Agglo, il n'y aura plus aucun transfert de compétences. J'ai demandé aux services juridiques de notre ville de revoir toutes les conventions entre la Ville et l'Agglo. C'est facile : soit elles sont bonnes pour Béziers et nous les garderons, soit elles ne sont pas bonnes pour les Biterrois et nous y mettrons fin. Béziers va cesser d'être la vache à lait de l'Agglo. »
Une sortie qui ressemble à s'y méprendre à des menaces afin de forcer les négociations. « C'est mal me connaître. Les négociations sont terminées », tranche le premier magistrat. Du côté de la présidence de l'Agglo, Frédéric Lacas a choisi de rester silencieux et de ne faire aucun commentaire... Jusqu'au conseil communautaire de lundi où les délégations et vice-présidences seront votées.
Voilà qui redistribue toutes les cartes et brouille les positions des uns et des autres. Les réunions de fin de semaine afin de poursuivre les négociations n'ont pas fini d'être animées. Quid, par exemple, des élus d'opposition de Béziers ? Si Élie Aboud avait pris les devants en déclinant toute vice-présidence, Frédéric Lacas aura quelque difficulté à confier un fauteuil à Jean-Michel Du Plaa ou Agnès Jullian, s'ils devaient être amenés à faire leurs valises de l'Agglo dans quelques semaines, comme les 28 autres élus communautaires biterrois.
ARNAUD GAUTHIER
agauthier@midilibre.com

( et pourquoi pas avec Villeneuve les Béziers qui est, avec Béziers, le plus gros contribuable à l'agglomération.)

CE QUE DIT LA LOI
Ne pas être isolée
D'après les services de la préfecture, il est tout à fait possible de quitter une communauté d'agglomération. Le processus existe, même s'il n'est pas simple. Le conseil communautaire 'laissé' doit d'abord donner son accord par une majorité qualifiée des deux-tiers. Aucune commune ne pouvant être isolée, il faut ensuite trouver une intercommunalité d'accueil, qui doit elle aussi donner son accord par une majorité qualifiée pour ouvrir ses portes à la nouvelle venue.
La Domitienne pourrait, peut-être, être un point de chute pour Béziers. Se poserait tout de même la problématique de la continuité territoriale... à discrétion du préfet.

Commentaires

Honte à E.ABOUD et R. COUDERC qui auraient dû attendre le 3ème tour des élections communautaires pour se ranger auprès de LACAS. Au lieu de celà ils se sont jetés dès le premier tour dans les bras du maire de SERIGNAN.

Écrit par : TEIXIDO | samedi, 26 avril 2014

Toutes ces magouilles ne se seraient pas produites si le président de l'agglo avait été élu au suffrage UNIVERSEL par les électeurs de toutes les communes le dimanche suivant les municipales. Le vainqueur, fort de la légitimation par le peuple, aurait été incontestable.
Au lieu de cela nos brillants énarques parisiens ont "pondu" une usine à gaz" qui conduit à des aberrations telles que celle que nous vivons aujourd'hui où l'agglo de Béziers risque de se retrouver sans Béziers.
Quant à la recomposition Béziers- Villeneuve- la Domitienne le problème n'est pas la continuité territoriale puisque Villeneuve est limitrophe de Béziers, elle même limitrophe de Vendres, Lespignan, Maureilhan et Maraussan toutes communes de la domitiennes, mais de savoir si les "petits barons" dont la Domitienne est le pré carré accepteraient cette nouvelle donne.

Écrit par : combes | lundi, 28 avril 2014

Le Préfet de Région n'admettra jamais cette décision uni-latérale au moment où il est question d'agrandir les EPCI.
Cette Révolution orchestrée contre la Ville-centre ne présage rien de bon, le futur semble compromis et ne manquera pas de créer des distensions, voire des achoppements entre élus communautaires et municipaux.
Galonnier est le 9iè vice-président, Gérard Gautier est le 10 iè.

Écrit par : Michel GARCIA | lundi, 28 avril 2014

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