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mardi, 06 octobre 2015

Ligne à grande vitesse... Suite...


Montpellier accueille le 8e sommet consacré à la ligne nouvelle, le 13 octobre. Un rendez-vous qui sera marqué par les craintes de voir le projet renvoyé aux calendes grecques.
Le feu vert donné par le gouvernement, le 26 septembre, à la réalisation des lignes à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax a-t-il 'plombé' l'avenir de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP) ?
Cette question sera au centre des discussions du 8e sommet franco-espagnol des villes et agglomérations pour la grande vitesse ferroviaire dans le couloir méditerranéen qui se tiendra le 13 octobre prochain à Montpellier.
Mais d'ores et déjà des voix se sont élevées pour dénoncer la décision du gouvernement qui favorise le Sud-Ouest, sans qu'aucune précision ne soit apportée sur le dossier de la ligne Montpellier-Perpignan et la liaison avec l'Espagne. Une véritable cacophonie à grande vitesse.Ressentiment 
de Montpellier à Perpignan
« Il s'agit d'une annonce purement politique pour aider les candidats socialistes des nouvelles régions... en grande difficulté », estime Jean-Marc Pujol. Pour le maire (LR) de Perpignan et président de l'Agglo Perpignan-Méditerranée, « l'intérêt général voulait que ce soit la ligne Montpellier-Narbonne-Toulouse qui permette de désenclaver Toulouse et ensuite de renforcer définitivement la nécessaire desserte de l'Espagne par la LGV, en passant naturellement par Perpignan ».
Même ressentiment du côté de Montpellier où le premier magistrat et président de la Métropole, Philippe Saurel, souligne qu'il « faut penser à Montpellier-Perpignan, pour laquelle l'horizon ministériel à 2030 n'est pas raisonnable ».
À Béziers aussi, on a du mal à encaisser la décision gouvernementale du week-end dernier. « Tout le monde veut sa voie ferrée à grande vitesse », constate Michel Suère. Le maire de Corneilhan et 1er vice-président de Béziers-Méditerranée délégué à l'aménagement de l'espace est un observateur privilégié du dossier de la LNMP qu'il suit depuis près de huit années déjà. « Pour nous, la liaison transfrontalière avec la réalisation du chaînon manquant entre Montpellier et Perpignan est essentielle », ajoute-t-il. Au passage, l'élu constate « qu'au 1er janvier, la future grande région réunissant Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées sera effective, elle sera la seule à ne pas être desservie par la grande vitesse. Les TGV vont s'arrêter tout simplement à Montpellier ». Pourtant, Michel Suère le martèle : « La structuration des réseaux de transport est essentielle à l'organisation » de la future entité régionale. Et d'insister : « La ligne à grande vitesse doit être un 'métro urbain' voué à rapprocher les villes. Cela permettra d'insuffler une dynamique à même d'élaborer des stratégies économiques ». Le vice-président de l'Agglo en est convaincu : « Les débats du 13 octobre vont mettre en avant tout ce système qui sera utile à la grande région. »Mais pas seulement. Les participants au 8e sommet des villes et agglomérations pour la grande vitesse en profiteront pour renouveler l'urgence de réaliser la liaison Montpellier-Perpignan.
L'urgence d'obtenir une déclaration d'utilité publique
Un processus qui passe par l'organisation d'une phase de consultation institutionnelle, suivie d'une enquête publique. Deux étapes essentielles avant l'obtention d'une déclaration d'utilité publique. Et le temps compte. « Il ne faut pas oublier qu'il y aura l'élection présidentielle en 2017, indique Michel Suère. Et tout le monde redoute que cette échéance électorale ne vienne stopper net tous les efforts accomplis jusque-là ».
En effet, si le feu vert donné à la LGV dans le Sud-Ouest suscite des craintes, la LNMP a poursuivi son bonhomme de chemin depuis le dernier sommet, il y a douze mois, à Gérone en Espagne.
En avril dernier, SNCF Réseau a organisé, le long du 'chaînon manquant', une concertation citoyenne, ponctuée de dix réunions publiques. Ce même mois, c'est un 'Monsieur financement' qui a été désigné par Alain Vidalies, le secrétaire d'État aux Transports. Enfin, en juin dernier, lors du comité de pilotage de la LNMP, plusieurs éléments ont été validés : le tracé de la ligne nouvelle et l'implantation des futures gares de Béziers et Narbonne. Il serait préjudiciable que tous ces efforts soient finalement sacrifiés sur l'autel de la politique politicienne.
RENÉ FERRANDO
FINANCEMENT
L'Europe sollicitée
La Commission européenne a sélectionné, le 29 juin dernier, plusieurs projets dans le cadre des premiers appels à propositions, ouverts en septembre 2014, au titre du Mécanisme pour l'Interconnexion en Europe.
Parmi les 276 projets de transport sélectionnés, figurent les études du projet de la ligne nouvelle entre Montpellier et Perpignan. L'Union européenne a annoncé qu'elle cofinancera à hauteur de 50 % le coût total de ces études estimé à 23,3 M€, soit le seuil maximal autorisé : 11,65 M€. Une manne saluée par Damien Alary, président de la Région : « Cela constitue une première étape vers un financement européen des travaux. »
Par ailleurs, le 'Monsieur Financement' de la LNMP, Éric Rebeyrotte, devait rencontrer, en juillet dernier, les responsables 
de la Banque européenne d'investissement pour compléter 
ce financement.
NOUVELLE GARE
Le site 'A75'
retenu
La future gare TGV de Béziers s'élèvera donc à l'intersection des autoroutes A75 et A9. Une décision validée en juin dernier lors du comité de pilotage de la LNMP qui s'est tenu à Montpellier.
Ce choix permet ainsi de privilégier la proximité avec la zone littorale et l'accessibilité routière. Un second site dit du 'canal du Midi' n'a pas été retenu.

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