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mardi, 01 décembre 2015

Rapport LGV réunion TGV SUD

Vous avez dit T G V ?image.jpeg
La semaine dernière une association, mandatée par elle-même, a invité la population villeneuvoise à une réunion sur l’avancée du projet. Compte-tenu de l’impact immobilier de ce projet sur une partie des habitants, une centaine de personnes sont venus pour écouter le discours de cette association. Si on résume sa position, il ne faut pas de gare à Villeneuve les Béziers et la ligne doit côtoyer le plus près l’autoroute !
Devant l’absence de réelles informations données, la plupart des assistants ayant compris qu’il n’y aurait pas de concret dans les propos des orateurs, ont quitté prématurément la salle. Qui ne les comprendraient pas ?
Il me semble que les vrais enjeux de cette future ligne doivent être présentés en prenant la hauteur nécessaire pour mieux appréhender ce projet et ses retombées pour notre commune, le biterrois et même tout l’ouest Hérault !
Je vais donc tenter de montrer comment comprendre le pourquoi d’un tel projet. Pour mieux l’aborder, il est besoin de s’élever au-dessus des petites contingences de certains cassandres, en se mettant à la place des décideurs, européens, nationaux et régionaux.
Mettons-nous, et cela m’est facile, dans la peau du technocrate destiné à faire prendre les décisions par les différentes autorités compétentes, mettant en évidence les enjeux de développement potentiels portés par ce projet.
image.jpegTout d’abord, pourquoi les liaisons par train à grande vitesse sont –elles devenues nécessaires ? Aujourd’hui, les déplacements, que ce soit pour des raisons purement touristiques ou encore pour la qualité de vie recherchée voire pour des raisons professionnelles, ont besoin d’un moyen de transport rapide, compte tenu des distances à l’échelle de l’Europe, mais avec des capacités que l’avion ne peut pas proposer en nombre de passagers ni en nombre de vols.
C’est ainsi que les liaisons ferroviaires à grande vitesse se sont développées depuis plus de trente ans, reliant au-delà de nos frontières, des régions où la population avait un besoin croissant de déplacement.
Initialement, ces moyens rapides ont commencé par relier des grandes métropoles entre elles, métropoles nationales puis très vite internationales : après Paris –Lyon, ce fut Paris –Marseille, Paris Londres, Paris –Amsterdam, etc.
Aujourd’hui, les trains à grande vitesse vont traverser l’Europe d’un bout à l’autre, du Danemark et de la Grande-Bretagne au sud de l’Espagne !
C’est dans ce contexte qu’il faut juger du projet de la ligne Montpellier à Perpignan, permettant enfin à un future « Thalys » de relier Séville à Rotterdam et Berlin.
Quelles sont alors les retombées de ce projet pour nous ? Il faut l’examiner sur plusieurs plans répondant chacun à une cible particulière.

Nous sommes très heureux d’accueillir des touristes chaque été car ils nous apportent une activité bénéfique à tous. Mais nous sommes aussi nombreux à déplorer que cette activité ne dure que de huit à dix semaines dans l’année !
De l’Aude au Lez, chaque municipalité s’ingénue à inventer des animations estivales afin d’offrir des activités à tous ces touristes qui viennent, de toute l’Europe, chercher ici un climat, un soleil, en un mot un style de vie attractif. Cela est bon pour l’emploi et l’activité économique. Mais quels sont les élus qui ne rêvent pas d’allonger cette trop courte période au bénéfice de notre économie locale ? Combien d’entre nous ne déplorent pas que ces couteuses installations ne servent que si peu de temps ? Combien ne regrettent-ils pas de transformer l’emploi saisonnier en emploi durable ?

Rêvons un peu : la population européenne se compose d’une part croissante de retraités qui recherchent le sud, son soleil et sa douceur de vivre. Nous pouvons aujourd’hui constater qu’il y a de plus en plus de résidents européens quasi permanents dans nos communes. Mais cette nouvelle population veut aussi pouvoir rapidement rentrer chez les siens, et là encore, le T G V est la réponse sans aucune concurrence sérieuse ni de l’avion ni de la voiture ou le bus.
Aussi quand j’entends nos petits cassandres dire que les deux gares de Béziers et Narbonne sont inutiles, je suis pantois devant tant d’ignorance des besoins nouveaux ! Cela me fait penser aux opposants d’alors au plan « Racine » qui permet aujourd’hui à des stations de vacance comme le Cap d’Agde ou Gruissan d’accueillir de nombreux visiteurs chaque été. Demandons donc aux investisseurs de ces stations s’ils ne souhaitent pas étaler sur une plus longue période la fréquentation, aujourd’hui uniquement estivale. Demandons donc aussi à tous les travailleurs de ce domaine s’ils ne souhaitent pas que leur job ne soit plus étalé dans le calendrier. Demandons donc aussi aux communes environnant ces stations si elles ne cherchent pas à profiter de cette manne pour leur population et leur activité économique.
Tout le monde s’accorde à dire que les nouveaux retraités, notamment ceux de l’Europe du nord, cherchent le soleil et la douceur climatique. Comme nous disposons de l’espace nécessaire à leur accueil, à la différence de l’est de la côte méditerranéenne, nous avons là un atout qualité-prix que nul ne peut nous enlever.

Mais il y a aussi un autre aspect lié à l’existence de ce T G V qui ne concerne pas les touristes ou les retraités. Prenons le temps d’analyser cet autre aspect non moins intéressant.
image.jpegPartout où une ligne à grande vitesse avec sa gare s’est installé, il faut faire le constat que dans les 5 ans qui suivent, des entreprises de toute taille s’installent à proximité de la gare nouvelle, générant par là même une activité directe et indirecte fort importante tout autour de la dite gare : bureaux, hôtels, restaurants, loueurs de voiture, etc.
Pourquoi ce phénomène ? Pour une entreprise, ses cadres et ses employés ne veulent plus résider dans les grandes métropoles, avec leurs conditions de vie dégradées : temps de trajet travail-résidence, insécurité, conditions imposées à toute la famille.
On constate que chaque fois qu’une nouvelle gare de T G V s’est créée, très vite se sont construits des bureaux, des ensembles professionnels. Là encore l’existence de la grande vitesse permet de se rendre rapidement partout en Europe pour la gestion de ses affaires ou encore à son siège dans la métropole d’origine. Par contre, la qualité de vie que ces personnels retrouvent leur permette une meilleure efficacité dans leur travail, à laquelle s’ajoute celle de leur famille, habitat, sécurité, écoles, loisirs, qu’ils ne trouvent plus dans les grandes métropoles. Ils génèrent aussi dans tous les villages aux alentours de la gare de l’activité dans la construction, le service, l’école, l’alimentation ; de nouveaux besoins qui assurent un développement économique ainsi que de l’emploi à longueur d’année et non pas limité aux semaines de congés d’été !
Pour les communes concernées par ces gares, s’il y a une petite perte de taxes, foncières et d’habitation, pour l’emprise de la gare et de la voie, elles sont très vite et largement compensées par celles sur l’activité des entreprises qui s’installent sur le périmètre de cette gare. Les exemples sont aujourd’hui nombreux : Tours, Chessy Marne la Vallée, Aix en Provence, etc.
Certains esprits chagrins qui luttent contre cette évolution parlent du montant des investissements qui seraient difficiles à obtenir. Ils oublient que ces financements sont sans commune mesure avec les retombées en matière d’emplois, d’activités économiques directes et indirectes.

Dans ces conditions, il n’y aura pas d’obstacles que ce projet ne franchira pas, car tous les acteurs sont décidés : Europe, France, Région nouvelle, département, communautés de communes et communes. Il est donc vain de s’interroger sur l’aboutissement de ce projet.
D’ailleurs, nous allons bientôt élire nos représentants régionaux et je fais le pari que quel que soit le vainqueur, il va s’empresser de réclamer, quitte à le financer, une gare T G V à Narbonne pour lier les voies vers le sud de l’Europe et celles vers la nouvelle capitale régionale, Toulouse ! Encore un motif de plus pour que cette nouvelle gare voit le jour rapidement !
Rogé Marie-Victor groupe Ideal/villeneuveUnion

Commentaires

Il y a quelques décennies, la liaison routière entre le sud de l'Italie et le sud de l'Espagne pouvait se faire par autoroute à l'exception d'un seul tronçon d'une quarantaine de Km du coté de Salon de Provence.

L'histoire étant un éternel recommencement, bis répétita pour la LGV entre le nord de l'Europe et le sud de l'Espagne : il manque la section Montpellier-Perpignan.

Encore une fois nous sommes montrés du doigt, nous sommes la risée de l'Europe.Aussi, pour mettre fin à cette situation de " pays sous développé ", il y a fort à parier que tout sera fait assez rapidement à tous les échelons décisionnels pour débloquer les financements nécessaires.

Reste la gare !!!???
On peut bien sur "élucubrer" sur des TGV qui déverseraient à Béziers des bataillons d'heureux retraités mais les pensions étant ce qu'elles sont (et, au mieux, resteront) et les tarifs TGV ce qu'ils sont ( et ne manqueront pas de devenir) on peut se demander si ces bataillons seront bien conséquents.
On peut aussi ressortir le vieux "serpent de mer" de l'allongement de la saison touristique mais là aussi pour l'immense majorité de nos visiteurs ce sont les conditions climatiques qui régissent la durée d'une saison. Ici c'est environ 3 mois, en Espagne 1000 km plus au sud c'est le double et ce n'est pas le TGV qui peut y changer quelque chose.
Quant à considérer que la concurrence de la voiture ou de l'avion ne serait pas sérieuse, prenons le cas d'une famille de Londoniens moyens voulant se rendre en vacances à Cap d'Agde: Dissuadée par les temps de trajet en voiture et les coûts prohibitifs du TGV elle n'hésitera pas longtemps avant de réserver sur une compagnie lowcost que je ne citerai pas.

Bien sur les élus, de quelque bord que ce soit, ne manqueront pas de vouloir "se faire mousser" en réclamant à cor et à cri une gare. Peut être certains arriveront ils à l'obtenir après maintes "combinaziones" et autres " magouilles" politiciennes . Cela restera en tout état de cause une dépense exorbitante pour une fonction d'utilisation bien moyenne.

Mais, en définitive, peu importe puisqu'il est de notoriété publique que la France roule sur l'or.

Écrit par : combes | mercredi, 02 décembre 2015

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