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mardi, 08 mars 2016

Quinze ans de réclusion pour avoir torturé son logeur

Mohamed Tichefari avait frappé puis ébouillanté Jean-Luc Boulanger à Villeneuve-lès-Béziers, en octobre 2012.

Pour soldes de tout compte. Peine de réclusion mise à part, l'avocat général Baboulène l'assume : "J'ai renoncé à chercher toute logique dans l'acte abominable commis par Mohamed Tichefari." Ce trentenaire jugé depuis jeudi et jusqu'à lundi matin aux assises pour avoir, le 11 octobre 2012, à Villeneuve-lès-Béziers, frappé Jean-Luc Boulanger chez lequel logeait ce sans domicile. Puis de l'avoir ébouillanté au niveau du haut du torse et des parties génitales alors que la victime était dans le coma.

Car pour l'accusation, "la folie a sa logique que la raison ne connaît pas. Et il n'y a rien de pire que l'horreur et la violence irrationnelles". Puis le magistrat de soigneusement refermer chacune des portes du dossier criminel. "On peut tenter de se rassurer et trouver des explications." Las. Aucune réponse qui ne soit "satisfaisante ou séduisante", face à "une absence de sens moral", dans "une esprit de dissimulation". Cela cultivé par un homme "qui se présente toujours comme victime".

Reste le terrain médical. Sur lequel s'engage volontiers l'avocat général. "J'estime que l'acte commis est frappé du sceau de cette atténuation de responsabilité. Et que nous ne sommes pas dans un cas où il faut prononcer le maximum de la peine encourue." Soit trente années. Décidant l'accusation a en réclamer vingt. Assorties d'un suivi sociojudiciaire d'autant. Quelques minutes plus tôt, c'est Me Chapuis qui, depuis le banc des parties civiles, avait tracé son portrait de l'accusé. Un homme "ni idiot ni aussi limité qu'on veut le faire croire. Rompu aux interrogatoires, qui sait se défendre." 

"Il a saccagé, piétiné sa vie !"

Alors pour ce qui est des faits : "Au moment où c'est fait, c'est voulu, réfléchi, assumé." Mais un peu plus de trois ans et demi après, "il n'a rien compris ! C'est toujours la faute de Jean-Luc Boulanger. Mais c'est votre faute si, aujourd'hui, il est sur un fauteuil roulant et que sa vie est foutue !"Le comportement déplacé voire l'agression sexuelle dont Tichefari aurait été victime de la part de son client ? "Je n'y crois pas !"Reste une victime dont "il a saccagé, piétiné la vie au sens figuré, propre."Une victime "dont le grand malheur a été de croiser celui-ci. Petit à petit, il s'est immiscé dans sa vie. Quand on le laisse trop mijoter, qu'on ne le sert pas assez vite (l'accusé, NDLR), il s'énerve. “Je voulais lui casser la bouche” : ce sont ses premiers mots en garde à vue. Cela fait peur.

info/midilibre / VilleneuveUnion

 

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